Winzana / Retour d’expérience
Les premières années de Winzana ont été pleines d’envie, d’ambition… et d’erreurs. Certaines nous ont presque coûté l’entreprise.
Les débuts au forfait : l’envie de bien faire… à tout prix
Nos premières vraies heures ont commencé avec des projets au forfait. Sur le papier, tout semblait cadré : des spécifications rédigées, des échanges détaillés, une vraie volonté de structurer. Mais dans la réalité, on n’osait pas trop dire non.
On avait cette envie profonde de faire plaisir, de faire en sorte que le business de nos clients fonctionne, quitte à accepter “un petit plus”, puis un autre, puis encore un. À ce moment-là, on pensait encore que la bonne volonté pouvait compenser les dérives.
Les premières mises en production… et la spirale
Puis sont arrivées les premières mises en production. Et avec elles, des clients de plus en plus exigeants. Pas par méchanceté. Simplement parce qu’une brèche était ouverte. Les demandes ont commencé à s’enchaîner :
“Ce serait bien si…”
“Ça ne devrait pas être très compliqué…”
“On peut l’avoir sans surcoût ?”
Et nous, encore une fois, on disait oui. Pas par faiblesse. Par manque de maturité.
Quand la tête passe sous l’eau
Petit à petit, la situation est devenue intenable. Des semaines à 80 à 100 heures de travail, enfermés dans le garage, à développer comme des malades. Pas pour innover. Pas pour améliorer le produit. Mais pour honorer des engagements qu’on n’aurait jamais dû prendre. À ce moment-là, tu ne construis plus. Tu survis.
2017–2018 : de beaux projets… et une quasi-faillite
2017–2018 ont été les années les plus difficiles. Techniquement, on sortait de très beaux projets, ambitieux, avec des choix technologiques forts. Mais financièrement, c’était un désastre. Conditions de travail déplorables, pression constante, épuisement, et une société au bord du gouffre. On était littéralement à une semaine de fermer la boîte.
Les équipes, elles, ont toujours été incroyables
S’il y a une chose qui n’a jamais failli, ce sont les équipes. Des gens engagés, compétents, solidaires. Et c’est probablement ce qui rendait la situation encore plus dure : savoir que tout le monde se donnait à fond, mais que le modèle n’était pas viable.
La sortie de crise : le retour au consulting
Puis, une fois encore, la chance nous a souri. On a trouvé de nouveaux projets en consulting. Des projets financièrement attractifs, plus simples à cadrer, plus sains. Ces projets nous ont permis de sortir la tête de l’eau, de respirer, et de reconstruire. Sans ça, Winzana n’existerait probablement plus aujourd’hui.
Non, ce n’était pas la faute des clients
Je tiens à être très clair : je ne rejette pas la faute sur nos clients. Ils ont été exigeants, ils ont demandé plus. Qui ne le ferait pas pour obtenir un maximum de valeur à moindre coût ? L’erreur était la nôtre. Nous n’avons pas su dire non au bon moment.
Se casser les dents pour grandir
Comme disent les Américains : “First, fail.” On s’est cassé les dents sur des projets, des choix techniques, des décisions business et sur l’incapacité à poser des limites. Mais ces erreurs nous ont construits. Elles nous ont appris :
à mieux cadrer
à être plus carrés
à protéger l’entreprise et les équipes
L’importance de bien s’entourer
Cette période nous a aussi appris à ne pas rester seuls. On s’est entourés d’amis entrepreneurs, techniciens et avocats. Des gens capables de dire les choses, de challenger nos choix, de nous éviter de refaire les mêmes erreurs. L’entrepreneuriat n’est pas un sport solitaire. Ceux qui l’oublient le paient cher.
Conclusion
Ces premières erreurs nous ont coûté cher financièrement, humainement et mentalement. Mais elles ont aussi posé les bases de la Winzana d’aujourd’hui : une entreprise plus structurée, plus lucide, et surtout plus capable de dire non quand il le faut. On ne souhaite ces moments à personne, mais avec le recul, ils font partie intégrante du chemin.



