Organisation & delivery / Squads à la Spotify
Les squads “à la Spotify” font rêver beaucoup d’organisations. Dans la réalité, elles échouent souvent… pas par manque de talent, mais par manque d’alignement et de pragmatisme.
C’est quoi, une squad à la Spotify ?
Avant de critiquer le modèle, il faut déjà expliquer de quoi on parle. Le modèle “Spotify” repose sur des squads :
des équipes autonomes
pluridisciplinaires
responsables d’un périmètre métier précis
Une squad regroupe généralement : développeurs, QA, product owner, parfois UX. L’idée est simple et séduisante : donner de l’autonomie, réduire les dépendances, accélérer la delivery. Sur le papier, c’est brillant. Sur le terrain… c’est plus complexe.
L’organisation d’équipe : le vrai sujet, pas la méthode
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises parlent de “shift left”, de squads, de responsabilités poussées au plus près des équipes. Les cabinets de conseil regorgent d’articles, de schémas, de frameworks clés en main. Mais l’organisation d’équipe n’est pas une méthode à copier-coller. C’est un système vivant, qui doit s’adapter au contexte du SI, à la maturité des équipes et aux enjeux business.
Pourquoi les squads échouent souvent dans les grands SI
Le premier problème, c’est que chaque squad tente de réinventer la roue. Chaque équipe choisit ses technos, met en place ses outils et définit ses propres standards. À court terme, ça fonctionne. À long terme, c’est un désastre. On se retrouve avec :
une multiplication des langages
une explosion des frameworks
des architectures incohérentes
Et surtout, des solutions qui ne parlent pas entre elles.
L’illusion de l’alignement par l’architecture d’entreprise
En théorie, l’architecture d’entreprise est là pour donner une vision et des principes macro. En pratique, c’est rarement suffisant. Sans garde-fous techniques concrets (choix technologiques, standards de développement, cohérence des patterns) supervisés au quotidien, les dérives sont inévitables

